Publié le 22 Octobre 2024

L’amiante est un minéral fibreux qui a été introduit au sein de nombreux immeubles bâtis, dont le permis de construire date d’avant juillet 1997, en raison de ses nombreuses propriétés réfractaires (isolation, résistance mécanique, ignifuge, etc.). L’amiante est aussi le polluant cancérogène cible de nombreux repérages obligatoires instaurés par la réglementation en vigueur, tels que l’état d’amiante ou diagnostic amiante avant-vente, le repérage amiante avant travaux (RAT) et le repérage amiante avant démolition (RAD). L’objectif est de détecter sa présence, de la cartographier et d’évaluer sa dangerosité. Grâce à ces outils de recherche, on pourrait croire que l’amiante est beaucoup moins présent dans le parc immobilier actuel. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Comme l’a souligné à la fin du mois de septembre 2024 sur son site l’organisme d’intérêt public EUROGIP, l’amiante demeure un fléau et notamment en milieu professionnel, où il continue de porter atteinte à la santé de nombreux travailleurs. Qui plus est, cette situation risque de s’aggraver.
EUROGIP, observatoire et centre de ressources sur la prévention et l’assurance des accidents du travail et des maladies professionnelles, a rapporté sur son site internet le 27 septembre 2024, une synthèse du contenu d’un article d’Eurostat, paru la veille dans le cadre de la Journée de sensibilisation au mésothéliome. Rappelons que le mésothéliome est un cancer virulent, directement lié à l’amiante et qui se déclare même des dizaines d’années après une exposition aux fibres d’amiante toxiques.
On apprend au travers de cet article, rédigé en anglais et intitulé Mesothelioma cancer : still a relevant occupational disease (« Le mésothéliome, un cancer professionnel toujours d’actualité »), que les cas de mésothéliome lié au travail, comptabilisés en 2021 en Europe, étaient en hausse de 10 % par rapport à 2020, avec 1 409 nouveaux cas.
L’article rappelle aussi qu’en matière de cancers professionnels, le mésothéliome se positionne juste après le cancer du poumon et a touché 4 travailleurs sur 10 en Europe en 2021. La même année, la France occupait la troisième place en termes de décès dus au mésothéliome (329 décès), après l’Italie, pays le plus touché (510 décès), et l’Allemagne (400 décès). Enfin, entre 2013 et 2021, le mésothéliome représentait approximativement 40 % de l’ensemble des cancers professionnels en Europe.
Avec l’urgence de rendre d’ici à 2030 les bâtiments anciens, dont ceux d’avant juillet 1997, plus performants du point de vue énergétique et environnemental, au travers du Pacte Vert pour l’Europe (European Green Deal), un programme qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2050, le risque d’exposition à l’amiante cancérogène dans les chantiers continuera très probablement de s’accroître.
De plus, la Commission européenne n’a pas progressé, comme elle le souhaitait, sur sa proposition de directive annoncée en 2022, soumise à consultation publique jusqu’au 8 février 2023 et qui devait être adoptée en juin 2023. Celle-ci visait le dépistage, l’enregistrement et la surveillance de l’amiante (Asbestos screening, registering and monitoring) en milieu professionnel. Ces trois dispositions majeures permettraient pourtant de réduire considérablement le risque de contamination par l’amiante dans les lieux de travail.