DPE: le ministère du Logement répond à une question écrite sur sa fiabilité

Publié le 24 Mars 2026

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) fait régulièrement l’objet de critiques. Celles-ci font état de résultats variables selon le diagnostiqueur qui réalise le DPE, d’une surestimation des consommations d’énergie ou d’un manque d’homogénéité. Un sénateur a formulé fin 2025 une question écrite à l’attention du ministre du Logement soulevant ces problématiques. La réponse officielle du ministère, publiée au Journal officiel du Sénat le 26 février 2026, dresse un bilan des engagements concrets pour fiabiliser le DPE.

Qualité et justesse du DPE : un sénateur soulève certaines inquiétudes des consommateurs

Dans sa question publiée au Journal officiel du Sénat le 11 décembre 2025, un sénateur a rapporté quelques exemples d’incohérences observées au sein du DPE. Il a cité des études d’associations de consommateurs qui ont pointé des écarts très importants entre diagnostics réalisés sur un même bien par des opérateurs différents. Selon ces analyses, un même logement pouvait se voir attribuer une étiquette allant de B à E selon le professionnel sollicité pour l’expertise.

Ce sénateur a également rappelé les travaux du Conseil d’analyse économique, qui estime que les estimations de consommation produites par le DPE peuvent être inexactes et, dans certains cas, surévaluées. Or, les enjeux sont importants. Le sénateur précise que, selon les Notaires de France, une maison classée E, F ou G au DPE peut perdre jusqu’à 22 % de sa valeur et un appartement jusqu’à 12 %.

Un rappel du plan gouvernemental pour renforcer la qualité du DPE et lutter contre la fraude

Le ministère du Logement a rappelé dans sa réponse du 26 février 2026 que la réforme de 2021 avait déjà unifié la méthode de calcul à l’échelle nationale et rendu le rapport de DPE plus fiable et plus accessible au grand public. Désormais, toutes les données utilisées dans le calcul sont justifiées. Le diagnostiqueur est tenu d’indiquer leur origine exacte : mesures effectuées sur place, documents fournis par le propriétaire ou valeurs réglementaires par défaut. Quant aux déclarations orales émanant des propriétaires, elles ne sont plus prises en compte.

De plus, face à la persistance d’une qualité hétérogène dans la réalisation des diagnostics, le gouvernement a mis en place depuis 2022 une feuille de route avec les professionnels du secteur. Cela s’est traduit par l’annonce d’un plan spécifique pour « restaurer la confiance dans le DPE ». Cette trajectoire vise à faciliter la vérification de la validité des diagnostics, à accroître et systématiser les contrôles ainsi qu’à réduire les risques de fraude. Elle a notamment fait naître des QR codes sur les rapports des DPE pour vérifier leur authenticité et leur validité. Le ministère a rappelé par ailleurs que les écarts entre consommations conventionnelles et factures réelles ne sont pas une preuve de surestimation du DPE. Dans les logements les plus énergivores, de nombreux occupants réduisent volontairement leur chauffage pour contenir leurs dépenses, ce qui abaisse mécaniquement leur consommation réelle.

Pour tout propriétaire qui souhaite vendre ou louer, faire appel à un diagnostiqueur compétent et respectueux de la réglementation en vigueur reste le meilleur moyen de disposer d’un rapport de DPE solide et conforme aux exigences actuelles. Le renforcement de la fiabilité du DPE, qui s’est accéléré ces derniers mois, écarte désormais les opérateurs peu scrupuleux et valorise les professionnels compétents et sérieux.

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